La situation financière de l’assurance-invalidité ne cesse de se détériorer. L’augmentation du nombre de nouvelles rentes chez les jeunes est particulièrement préoccupante, explique Florian Steinbacher, vice-directeur de l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS).
« L’AI dépend d’évolutions sociétales sur lesquelles elle n’a aucune influence » : Florian Steinbacher, responsable du domaine Assurance-invalidité (AI) au sein de l’OFAS. (Photo : Marcel Giebisch / OFAS)
Le nombre de rentes versées en raison de maladies mentales augmente, en particulier chez les jeunes. Pouvez-vous expliquer pourquoi ?
C’est une question difficile, et il y a certainement plusieurs raisons à cela. Le nombre de personnes souffrant de troubles psychiques augmente aussi dans d’autres pays occidentaux. Nous avons commandé un projet de recherche sur les parcours au sein de l’AI pour comprendre comment et pourquoi une personne est entrée à l’AI. Il s’agit d’une réédition d’une étude de 2015, qui avait déjà examiné les profils des jeunes bénéficiaires de rentes AI pour cause de maladie mentale. Nous sommes également en contact avec d’autres offices et services, comme l’Office fédéral de la santé publique.
L’AI pourrait-elle s’investir davantage dans la prévention ?
La prévention en matière de santé ne fait pas partie des tâches de l’AI. Dans ce domaine, nous dépendons d’autres acteurs et, en particulier, du travail effectué dans les cantons. Nous sommes aussi tributaires de la situation en matière de prise en charge, notamment du nombre de places de thérapie disponibles dans les établissements psychiatriques. S’il en manque, nous perdons un temps précieux pour soutenir efficacement la personne assurée en vue de sa réadaptation. Dans cette phase, la rapidité est un facteur de réussite important.
La dernière réforme de l’AI, entrée en vigueur en 2022, visait déjà à renforcer l’intégration. Cette réforme n’a-t-elle pas porté ses fruits ?
L’impact de cette réforme est en cours d’évaluation. La réadaptation et l’octroi d’une rente dans le cadre de l’AI prennent souvent plusieurs années. Il faut donc du temps et suffisamment de données pour obtenir des résultats significatifs. Cependant, on peut déjà dire que les offices AI sont satisfaits des nouveaux instruments, tels que la gestion de cas, et qu’ils peuvent bien travailler avec eux. Le fait que nous lancions déjà la prochaine réforme est lié à l’évolution récente de la situation.
En introduisant la prestation d’intégration, la nouvelle réforme met l’accent sur les jeunes. Or, le nombre de rentes a augmenté dans toutes les tranches d’âge, y compris chez les 60-65 ans ?
Oui, ce phénomène ne touche pas seulement les jeunes. Si la réforme d’intégration met l’accent sur ces personnes, c’est parce qu’il est particulièrement important de leur offrir des perspectives. Certaines viennent à peine d’entamer une carrière professionnelle, alors que d’autres n’ont pas commencé à travailler ou n’ont pas de formation. C’est pourquoi nous voulons leur offrir un soutien encore plus important au début de leur vie active, afin d’éviter autant que possible qu’elles ne touchent une rente.
Florian Steinbacher
Âgé de 54 ans, Florian Steinbacher dirige depuis près de quatre ans le domaine Assurance-invalidité au sein de l’OFAS, où il occupe la fonction de vice-directeur. Auparavant, ce juriste a travaillé comme directeur suppléant de la Centrale de compensation à Genève, où il dirigeait l’Office AI pour les assurés résidant à l’étranger.
Photo: Marcel Giebisch / OFAS
Auteur
Markus Binder
Responsable de la Communication de l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS)
markus.binder@bsv.admin.ch
Source
(Publications en ligne de l’OFAS – Office fédéral des assurances sociales OFAS)








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